IA, cybermenaces et SASE : résumé de l’interview de Shlomo Kramer avec RiskIntel et enregistrement complet
La cybersécurité entre dans une phase où la vitesse, la résilience et la capacité d’adaptation deviennent aussi importantes que les outils eux-mêmes. En effet, les attaques s’automatisent, les vulnérabilités se propagent plus vite, et les entreprises doivent repenser la manière dont elles protègent leurs utilisateurs, leurs applications et leurs données.
Dans cet épisode de L’Angle d’Attaque, Yasmine Douadi de RiskIntel reçoit Shlomo Kramer (PDG et cofondateur de Cato Networks) afin de discuter de l’avenir de la cybersécurité.
"Les attaquants ne sont plus des êtres humains, ce sont des machines."
Shlomo Kramer, PDG et cofondateur de Cato Networks
Voici les points clés à retenir :
- Qui est Shlomo Kramer ?
Figure marquante de la cybersécurité et entrepreneur depuis l’adolescence, Shlomo Kramer a cofondé plusieurs entreprises devenues des références du secteur, dont Check Point Software Technologies (1993), Imperva (2002) et Cato Networks (2015). Son parcours se distingue par une capacité constante à anticiper les grandes évolutions du marché, de la sécurité réseau au cloud, puis au SASE et à l’IA. Plus qu’un expert technique, il incarne une vision stratégique de la cybersécurité, centrée sur l’anticipation, la résilience et l’adaptation aux nouveaux risques.
- La montée en puissance des cybermenaces et des attaques basées sur l’IA, qui opèrent à la vitesse des machines
Les attaquants ne sont plus uniquement des humains. Ils s’appuient désormais sur des systèmes automatisés capables d’identifier, d’exploiter et de diffuser des attaques à une vitesse sans précédent. Cette évolution change de manière significative le rapport de force : les entreprises ne font plus seulement face à des individus, mais à des menaces capables d’agir en continu et à grande échelle.
Les modèles d’IA avancés, qu’ils soient propriétaires ou open source, accélèrent cette transformation. Les attaques agentiques ne relèvent plus de la théorie : elles annoncent un paysage de menaces plus rapide, plus dynamique et plus difficile à contenir avec des approches traditionnelles.
- Pourquoi les entreprises doivent-elles réduire leur fenêtre d’exposition ?
La faille Log4J illustre parfaitement ce nouveau défi. Une seule vulnérabilité a suffi à exposer des organisations dans le monde entier, parfois pendant des années. Le problème central n’est pas seulement l’existence d’une faille, mais le temps nécessaire pour passer de sa découverte au déploiement d’une protection réelle.
"Cette fenêtre d'opportunité entre le CVE et la protection est quelque chose qu'on ne peut plus se permettre"
Shlomo Kramer, PDG et cofondateur de Cato Networks
Dans un environnement où les attaques progressent à la vitesse des machines, cette fenêtre d’exposition doit être réduite au minimum. Lorsqu’une organisation dépend d’infrastructures complexes et fragmentées, comme des milliers d’appliances à mettre à jour manuellement, la sécurité devient aussi un problème d’exécution. Chaque délai supplémentaire augmente le risque.
- Le SASE, l’avenir de l’architecture de sécurité d’entreprise
Le SASE s’impose comme une réponse structurante à cette nouvelle réalité. Les utilisateurs, les applications et les données sont désormais distribués partout ; les architectures centrées sur des appliances physiques ne suffisent plus. Les entreprises ont besoin d’une approche plus fluide, plus globale et plus adaptée au cloud.
"Le SASE est l’avenir de la sécurité des réseaux."
Shlomo Kramer, PDG et cofondateur de Cato Networks
En réunissant réseau et sécurité dans une plateforme intégrée, le SASE permet de simplifier les opérations, d’améliorer la visibilité et d’accélérer la mise en œuvre des protections. À mesure que les menaces pilotées par l’IA gagnent en maturité, l’architecture devient un facteur déterminant de résilience.
- L’importance de la résilience, de la simplification et de l’anticipation du changement
L’un des enseignements les plus importants de l’entretien est que la cybersécurité ne peut plus être seulement réactive. L’idéal reste d’anticiper, mais lorsqu’une crise survient, les organisations doivent être capables d’agir rapidement, de renforcer leur architecture et de réduire le risque de récidive.
La simplification joue ici un rôle essentiel. Après un déploiement, une meilleure visibilité révèle souvent des usages inconnus ou non maîtrisés : applications agentiques, outils d’IA utilisés hors cadre, échanges de données sensibles. Cette transparence peut être exigeante, mais elle constitue le point de départ d’un véritable parcours de remédiation.
Conclusion : agir avant que la complexité ne devienne un risque
La cybersécurité entre dans une nouvelle ère. Les entreprises ne peuvent plus se contenter d’ajouter des outils à des architectures déjà complexes. Elles doivent se demander si leur modèle de sécurité leur permet réellement de voir, de décider et d’agir assez vite.
Le moment est venu d’évaluer lucidement sa propre capacité de réaction. Si l’architecture ralentit la défense, complique la visibilité ou allonge les délais de protection, elle doit être repensée. La résilience de demain se construit dès maintenant.